Congrès des femmes Adéma : Vers un duel sororicide pour désigner la Reine Imprimer

Ce sera le duel dans la Ruche, le 6 février prochain, entre les deux amazones prénommées " Fatoumata " ; l'une DOUMBIA, maire de la CI du district de Bamako, et l'autre MAIGA, vice-présidente du Comité d'organisation du cinquantenaire du Mali. La troisième " Fatoumata " GUINDO, ministre porte-parole du gouvernement, ayant jeté l'éponge.

Si le 3ème Congrès ordinaire du mouvement des jeunes de l'Adema-Pasj est bien calé, pour les 23 et 24 janvier 2010, au Palais de la culture Amadou Hampathé BA, celui des femmes ruchers a été reporté au 6 février prochain, au CICB. Mais les deux appendices du parti ont un dénominateur commun : le changement de leadership. En effet, selon des sources proches de l'état-major rucher, Mme COULIBALY Halima TRAORE et Fakoroba COULIBALY, respectivement cheftaine des femmes et président des jeunes, ne sont pas candidats à leur propre succession. Le dernier ayant été atteint pas la limite d'âge. En revanche, selon les mauvaises langues, l'éviction de Mme COULIBALY serait liée au fait que son frère aîné et président de l'Assemblée nationale, Dioncounda TRAORE, trône toujours à la tête du parti après le congrès ordinaire d'octobre 2008. Car le parti, ironisent-elles, n'est pas une propriété familiale du petit clan des TRAORE.

Au départ, selon des sources proches du parti, elles étaient trois candidates présumées à la tête du Mouvement des femmes Adéma : Mme Fatoumata GUINDO, ministre chargée des Institutions avec les institutions et porte-parole du gouvernement ; Mme KONTE Fatoumata DOUMBIA, maire de la CI du district de Bamako ; et Mme ZOURE Fatoumata MAIGA, vice-présidente du Comité d'organisation du cinquantenaire du Mali.

Suivant la règle qui avait prévalu lors du congrès d'octobre 2008 ci-dessus évoqué, les pronostics étaient plutôt favorables à Mme Fatoumata GUINDO. Car, selon le président du parti, Dioncounda TRAORE, les membres du gouvernement méritaient d'être bien positionnés dans les instances dirigeantes du parti pour renforcer davantage leur légitimité dans la gestion des affaires publiques de l'Etat. C'est ce qui a permis, par exemple, de faire rétrograder feu Mandé SIDIBE au profit des ministres Sékou DIAKITE et Tiémoko SANGARE quand bien même la région de Sikasso ait jeté son dévolu sur l'ancien Premier ministre et chef du gouvernement aux dépens de ce dernier. Mais, à la vérité, la manœuvre était simplement destinée à écarter Mandé SIDIBE dont le seul tort était de ne pas pratiquer la démocratie alimentaire et, par voie de conséquence, il n'était pas malléable et corvéable à merci pour saborder la Ruche ADEMA au profit et pour le compte d'un candidat indépendant ou " extérieur " au parti. Lui-même ayant les moyens financiers de ses ambitions politiques au plus haut sommet de l'Etat, sans la caution formelle de l'Etat-major Rucher, comme en 2002 où il avait directement sollicité les suffrages des Maliens en laissant Soumaïla CISSE avec l'ADEMA officiel. D'autre part, deux autres ministres du gouvernement Modibo SIDIBE n'ont pas bénéficié de cette mansuétude : Aghatam Ag ALASSANE, ministre de l'Environnement au moment des assises et aujourd'hui ministre de l'Agriculture après avoir permuté avec Tiémoko SANGARE, resté simple secrétaire chargé de l'Environnement ; Mme Fatoumata GUINDO, toujours ministre chargée des relations avec les Institutions et porte-parole du gouvernement, 1er secrétaire chargée de l'emploi. Son désistement s'expliquerait aussi, selon d'autres sources, par le fait qu'elle ne souhaitait pas trop bousculer la hiérarchie féminine au sein du PASJ auquel elle n'a adhéré qu'à la veille du fameux congrès d'octobre quand son parti d'origine, le RND, s'était sabordé pour se fondre dans la Ruche ADEMA.

Après ce forfait, pour le moins inattendu, de Mme Fatoumata GUINDO, selon des sources concordantes, il ne restait plus dans la course que les deux poids lourds du Mouvement des femmes : Mme KONTE Fatoumata DOUMBIA et Mme ZOURE Fatoumata MAIGA.

Même si comparaison n'est pas forcément raison, la première étant plus gradée que la seconde dans l'actuel Comité exécutif. En effet, Mme KONTE est 6è vice-présidente ; tandis que Mme ZOURE est adjointe au secrétaire chargé des relations extérieures, Moustapha DICKO, ancien ministre de l'Education nationale et ancien député à l'Assemblée nationale (2002-2007). D'autre part, elle est secrétaire générale de l'Association des municipalités du Mali (AMM) que dirige le maire de la CIII du district de Bamako, Abdel Kader SIDIBE.

Mme KONTE a un second avantage sur Mme ZOURE en termes de légitimité politique. En effet, elle est la seule femme " maire " dans le district de Bamako qui, de surcroît, s'est succédée à elle-même en CI à l'issue des élections municipales d'avril 2009.

Tertio, le militantisme actif de Mme KONTE est plus prononcé envers le parti auquel elle a offert un siège local en CI. Tous les maires ADEMA ne peuvent pas dire autant sur leur générosité à l'endroit de la Ruche ADEMA.

Quant à Mme ZOURE, selon ses détracteurs, sa promotion administrative dans le Comité d'organisation du cinquantenaire trahit plutôt ses accointances politiques avec le Mouvement citoyen même si le soutien au président ATT ne peut être un crime de lèse-CE qui en est le premier architecte au point de chercher noise sur la tête des frondeurs ayant appelé, en 2007, à respecter les textes du parti dont le congrès qui est seul habilité à apporter cette caution ou à donner mandat, pour ce faire, au CE via la Conférence nationale.

De belles empoignades en perspectives.

 

Par Seydina Oumar DIARRA-SOD